lundi 5 avril 2021

Bilan provisoire ou état des lieux

Un bilan a une connotation comptable, et quand on pense comptabilité, on pense compte et, dans ce contexte, on pense règlement de compte. Je ne l'ai pas fait dans cet esprit. J'ai voulu simplement rendre état de ce que fut mon expérience à la fois éditoriale et sociale (à travers les réseaux sociaux bien sûr) dans le domaine du Zen.

Ainsi que je l'affirme, dans la vidéo qui suit, avec une certaine verve, je n'ai rien usurpé. J'ai confronté ma vue au maître zen avec qui j'étais en contact et rien, dans ses propos, n'est venu s'opposer à la profondeur de l'expérience, qu'il a reconnue sans ambiguïté ni réserve. J'ajoute d'ailleurs que s'il avait opposé le moindre début de doute, c'est de sa propre compétence que j'aurais douté. Mais ça ne s'est pas fait et je sais que la personne qui était en face de moi à cet instant précis parlait mon langage et le comprenait. Dans ce contexte, les mots ne comptent pas vraiment ; ils sont dits entre les mots eux-mêmes "je sais qu'il sait que je sais qu'il sait"...

Puis passe le temps et chacun reprend sa voie. Dans le respect mutuel. Mais cela étant précisé, la confrontation avec le maître n'est rien en comparaison de la confrontation avec les imbéciles, les ignares, les arrogants, les intellos qui ne doutent de rien. Mais qui ont cet atout incontestable qu'ils sont sortis de telle ou telle école, qu'ils sont agrégés ou docteurs en philo, voire indianistes ou parlent le tibétain ou le japonais comme une vache espagnole mais avec suffisamment de vocabulaire pour confondre le Mu de Joshu avec le beuglement d'une vache ou l'aboiement d'un chien. 

D'aucun penserait que je suis en colère et que je nourris mon mental de cette colère et que si j'avais réellement vécu une expérience décisive, tous ces problèmes seraient reconnus comme vains. Pensez-vous que j'accorde la moindre importance à ces problèmes ? Non. Une seule chose me gêne profondément, c'est l'état de délabrement du Zen et du Bouddhisme en général. Et je ne parle pas des "soldats du Zen" (je devrais aussi mettre le nom au féminin car le pouvoir de séduction des imposteurs s'est imposé jusque dans le cœur – ou le chœur – de leurs "dakinis" ou "shaktis", c'est selon). 

J'aurais pu être jeune et beau et avoir les yeux bridés, m'exprimer avec un air compassé comme si je vivais la passion du christ face au malheur du monde. Je ne suis rien de tout cela. Je ne revendique pas mon insignifiance. Je fais juste un bilan provisoire et un état des lieux, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas "joli joli". Mais bon, il n'y a pas mort d'homme, comme on dit. Il y a seulement une crise sanitaire et le Zen en a pris pour son compte.



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